COVID-19 : C’EST AUX SALARIES DE DECIDER !

COVID-19 : C’EST AUX SALARIES DE DECIDER !

Rédigé le 22/03/2020


La direction d'Airbus a décidé la reprise des activités de production, d’autres secteurs (BE, …) sont appelés à revenir sur le site. A travers cette décision, c'est un signal envoyé à toute la filière aéronautique en France. Et le message est clair : peu importe vos vies, c'est l'économie avant tout!

Peu importe la mise en danger des populations. Peu importe les appels au confinement des autorités de médecine. Peu importe les risques de mise en surtension du système hospitalier par des afflux de nouveaux malades.

Airbus est un carrefour d'échange, avec une chaine logistique qui irrigue tout le pays. Avec cette décision, la direction d'Airbus engage sa responsabilité sociale sur toute sa chaîne d'approvisionnement, chez ses fournisseurs et sous-traitants, sommés de redémarrer à leur tour.

A en croire le dernier message de la direction, l'entreprise est menacée! Comment? Estce que les machines, les outillages sur les postes de travail, les usines auront disparu après la crise? Non, le COVID-19 n'a pas muté pour s'attaquer maintenant au matériel. S'il y a une menace pour l'entreprise, c'est bien pour la santé des salariés qui seront mobilisés après la crise.

En CSE, la CGT a posé la question à la direction pour savoir quelles sont les activités essentielles à Airbus. Pas de réponse! Puisqu'ils ne savent pas, décidons nousmême!

La CGT revendique le droit pour les salariés d'Airbus de pouvoir juger par eux même des activités essentielles à maintenir ou à mettre en œuvre, y compris en dehors de Airbus, dans le sens de l'intérêt générale par exemple pour répondre aux urgences des filières de santé et agroalimentaire. Il serait inadmissible de mobiliser des ressources (par exemple la médecine du travail, …) ou de gaspiller des moyens (masques, …) qui manquent tant dans des secteurs essentiels.

La CGT revendique le droit pour les salariés d'Airbus de pouvoir juger par eux même si les conditions sanitaires et de sécurité sont suffisantes pour exercer leur métier au sein des activités qui auront été jugées essentielles par eux. Les salariés doivent pouvoir exercer leur droit de retrait sans aucun risque de perte de salaire ou de sanction.

Lorsque le télétravail est possible comment se fait-il qu'il soit toujours à la discrétion des managers, alors qu'il s'agit d'une consigne gouvernementale? Comment se fait-il que le retour des ingénieurs au bureau d'étude soit déjà organisé? 



Ce sont encore les managers de première ligne qui sont appelés à faire respecter les consignes sanitaires et de sécurité. Comment peuvent-ils le faire? Faudra-t-il qu'ils soient derrière chaque salarié? Quelle responsabilité pour eux si dans quelques jours un cas de COVID-19 est détecté dans leur équipe?

Un accord pour la récupération du temps non travaillé du 23 au 30 mars été signé vendredi, accord reconductible les semaines suivantes. Un accord qui prévoit des augmentations de temps de travail pour « rattraper » le temps perdu. Un accord qui prévoit la possibilité de travailler jusqu’à 2h de plus dans la journée ou 1 jours de plus dans la semaine. Une intensification du travail qui se fera forcément au détriment de la santé des salariés. C’est en réalité un moyen de mettre la pression aux salariés pour être « volontaires » à la reprise dès le 23 mars !

La CGT n'a pas signé cet accord. Ce n'est pas aux salariés de payer l'addition. La CGT demande le maintien des salaires à 100% payé par l’entreprise. Le confinement, ce n'est pas des congés. Les salariés sont responsables, s'ils pouvaient travailler ils seraient à leur poste. Les salariés sont responsables, s’ils devaient travailler sur des activités essentielles, ils seraient à leur poste.


Faire valoir son droit de retrait, le droit des salariés !

En cas de danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, le salarié est en droit de suspendre son activité après avoir avisé l’employeur de ce danger (art. L. 4131-1 du Code du travail). Il suffit que le salarié ait un motif raisonnable de craindre pour sa vie ou sa santé pour qu’il déclenche la procédure de retrait.

Dans le cas du COVID-19, le fait que l’employeur ne mette pas en œuvre les recommandations du gouvernement peut ouvrir la voie au droit de retrait : refus de télétravail alors qu’il est possible, pas de protection mise en place en cas d’accueil du public, absence d’affichage des gestes barrières, absence de nettoyage adéquat des locaux etc.

L’employeur ne peut pas sanctionner le salarié qui exerce ce droit et ne peut pas cesser de lui verser sa rémunération (L. 4131-3 du Code du travail). Toutefois, l’implication du syndicat peut apporter une sécurité supplémentaire au salarié qui exercerait le droit de retrait.

Comment le salarié peut-il mettre en œuvre son droit de retrait ?

Pour mettre en œuvre son droit de retrait, il suffit que le salarié informe son employeur ou son responsable hiérarchique par tout moyen de l’existence d’un danger et de l’exercice du droit de retrait juste avant ou concomitamment au début du retrait. Un écrit (mail, lettre recommandé etc.) est cependant toujours préférable.

Le droit de retrait s’exerce individuellement par le salarié. Cependant, il est plus efficace et protecteur qu’un syndicat ou les représentants du personnel organisent le déclenchement du droit de retrait. La CGT AIRBUS vous accompagnera dans votre démarche, avec une mise en œuvre syndicale du droit de retrait, un droit de retrait « collectif ».

Plus d’information sur le droit de retrait : https://www.cgt.fr/actualites/france/interprofessionnel/droit/coronavirus-droit-de-retrait-et-actionsyndicale-et-du