Airbus : pourquoi le carnet de commandes devrait exploser d'ici 2038

Airbus : pourquoi le carnet de commandes devrait exploser d'ici 2038

Rédigé le 19/09/2019


Grâce à une hausse de la demande sur 20 ans pour des avions neufs, Airbus prévoit un nombre de 39.210 appareils sortis d'usines d'ici 2038. Une bonne nouvelle pour Toulouse et pour toute la région, où les sous-traitants de l'aéronautique emploient des dizaines de milliers de personnes.



Bonne nouvelle pour Toulouse et sa région. La flotte mondiale d'avions de ligne va plus que doubler au cours des 20 prochaines années, a estimé Airbus ce mercredi. Le besoin en appareils sera de 39.210 avions et cargos neufs d'ici à 2038, portant la flotte mondiale à 47.680 appareils, a indiqué l'avionneur européen installé à Toulouse, qui publiait ses nouvelles prévisions mondiales de marché 2019-2038. 

L'avionneur table cependant sur une augmentation moins forte qu'auparavant de la croissance du transport aérien. Elle serait de 4,3% pour l'année alors qu'Airbus prévoyait en juillet 2018 une croissance annuelle de 4,4%

Sur les 39.210 avions neufs nécessaires (+4,9% par rapport aux prévisions établies en juillet 2018), 25.000 répondront aux besoins de croissance (-5,8%) et 14.210 viendront remplacer des appareils existants plus gourmands en carburant (+31,0%).

L'avionneur revoit ainsi nettement à la hausse ses prévisions de remplacement d'appareils existants, tablant sur le besoin des compagnies de disposer d'appareils moins gourmands en carburant et donc plus compétitifs. 

"Les progrès en matière de rendement énergétique stimulent encore davantage la demande de remplacement des appareils existants par d'autres qui consomment moins de carburant", affirme le groupe aéronautique dans un communiqué. 
Pour faire face aux besoins futurs, le groupe aéronautique estime qu'il faudra 550.000 nouveaux pilotes et 640.000 nouveaux techniciens.



Un trafic aérien qui a plus que doublé depuis 2000

Le trafic aérien a "plus que doublé depuis 2000" et devrait continuer sur cette tendance, à la faveur de l'urbanisation croissante, du développement des classes moyennes, notamment en Asie, et de la libéralisation du transport aérien, a expliqué Christian Scherer, directeur commercial d'Airbus, lors d'une conférence de presse à Londres.

"Non seulement les marchés matures existants continuent de croître mais l'essentiel de la forte croissance vient (...) d'Asie, d'Inde et de Chine continentale", a-t-il affirmé. Le trafic aérien intérieur devrait ainsi être multiplié par 3,2 en Chine et 4,8 en Inde, prévoit Airbus.

Malgré les incertitudes géopolitiques et la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, porteuse d'inquiétude pour la croissance mondiale, "la croissance annuelle de 4% reflète la nature résiliente du secteur aéronautique", estime encore Christian Scherer. "Oui nous sommes inquiets du (développement du) protectionnisme, c'est évident, mais nous espérons et pensons qu'il sera de courte durée", a-t-il estimé.

Contrairement à l'an passé où il estimait la valeur des appareils à construire à 5.800 milliards de dollars, l'avionneur ne s'est pas livré à un tel calcul cette année.

Son concurrent Boeing, dont les dernières prévisions à 20 ans remontent à juillet 2018, estime la demande totale d'avions neufs à 6.300 milliards pour une flotte mondiale de 48.000 appareils dans 20 ans. 

Airbus a revu sa classification d'appareils en fonction de leur capacité en termes de passagers et de leur rayon d'action. Il distingue ainsi les "petits" appareils (segment "Small"), dans lequel il inclut les monocouloirs (familles A220, A320 et A321), des "moyens" (segment "Medium") qui comprennent les A321 LR et XLR à plus long rayon d'action mais aussi les A330 et des "grands" (segment "Large") (A330neo, A350 et A380).

Les besoins en "petits" appareils sont estimés à 29.720 avions, ceux en avions "moyens" à 5.370 et ceux en "grands" aéronefs à 4.120.

L'avionneur européen compte bien se tailler la part du lion et table sur une part de marché "d'un peu plus de 50% grâce à la qualité de notre gamme de produits", selon Christian Scherer qui ne croit pas à une percée fondamentale sur le marché d'un nouveau concurrent tel que le chinois COMAC d'ici à 2038. 

L'avionneur européen ambitionne de livrer entre 880 et 890 appareils en 2019 et semble en ligne pour y parvenir avec 500 appareils livrés sur les huit premiers mois de l'année. Son rival Boeing accusait en revanche un plongeon de 42,6% de ses livraisons sur la période en raison de l'immobilisation au sol de son avion vedette, le 737 MAX, cloué au sol depuis mars après deux accidents ayant fait 346 morts. Le carnet de commandes d'Airbus comptait au 31 août 7.172 avions.


Par la Dépèche avec l'AFP 


Source : La Dépèche